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Nos méthodes

Comment nous fabriquons chaque fiche de révision de deux minutes

Papier, crayon, une image du quotidien et un seul mot : voici les outils et les méthodes qui nous servent à écrire les fiches quotidiennes, de la première ébauche à la relecture.

Catherine Lemaire

5 min de lecture

Comment nous fabriquons chaque fiche de révision de deux minutes

Un seul mot par fiche, jamais deux

Quand j'ai commencé à écrire les fiches quotidiennes, j'ai gardé un réflexe d'enseignante : une leçon, une idée. Chaque fiche ne porte donc qu'un seul mot du vocabulaire numérique. Pas de mot voisin, pas de « à ne pas confondre avec ». Si deux termes se ressemblent, ils auront chacun leur jour.

Cette règle paraît sévère, mais elle protège le lecteur. Une personne qui découvre l'ordinateur retient mieux quand elle n'a qu'une seule chose à ranger dans sa mémoire. Le lendemain, un autre mot arrive, sur une autre fiche, avec sa propre image.

Pour choisir le mot du jour, je pars de ce que les participants de nos ateliers demandent le plus souvent, puis je vérifie qu'il n'a pas déjà été traité. Un mot qui revient trop souvent dans les questions passe en tête de liste.

  • Un mot, une image, une phrase d'explication
  • Aucun terme technique non expliqué sur la fiche
  • Un ordre de parution lié aux questions entendues en atelier

Le choix de la comparaison imagée

Le cœur de la fiche, c'est la comparaison avec un objet que tout le monde connaît. Le mot « cookie », par exemple, se raconte mieux avec le carnet que le commerçant garde à côté de la caisse qu'avec une définition abstraite. Je cherche toujours l'objet le plus ordinaire possible : une boîte aux lettres, une clé, un classeur.

Je teste chaque comparaison à voix haute, devant quelqu'un qui ne connaît pas le mot. Si la personne sourit puis reformule avec ses propres mots, l'image fonctionne. Si elle fronce les sourcils, je la jette, même si elle me plaît.

Une bonne comparaison a aussi une limite, et je la signale en une phrase. La boîte aux lettres explique bien le courrier électronique, mais elle ne dit rien du temps que mettent les messages à arriver.

  • Un objet du quotidien, jamais un autre terme technique
  • Un essai à voix haute avant toute publication

Le papier, le crayon et le dessin

Mes outils de travail sont modestes. Je rédige d'abord à la main, sur une fiche cartonnée de la taille qu'aura la version finale. Cela m'oblige à tenir en peu de lignes : si le texte déborde, c'est qu'il explique trop.

Sophie Vandenberghe reçoit ensuite le texte et dessine l'image. Nous en discutons ensemble : elle me dit parfois qu'une comparaison est difficile à dessiner, et c'est un bon signe qu'elle est floue pour le lecteur aussi. Le dessin est volontairement simple, en traits épais et en couleurs contrastées.

Marc Delvaux prépare enfin la mise en page pour l'écran, avec des caractères larges et un fort contraste, afin que la fiche se lise aussi bien sur un téléphone que sur un grand écran.

  • Rédaction manuscrite aux dimensions de la fiche
  • Dessin en traits épais, couleurs très contrastées
  • Mise en page pensée pour la lecture à l'écran

Deux minutes, pas une de plus

La durée de lecture est une contrainte de fabrication, pas un slogan. Une fiche doit pouvoir se lire en deux minutes avec une tasse de café à la main, sans prendre de notes. Je chronomètre moi-même la lecture lente d'un texte avant de le valider.

Cette limite fixe la longueur : une courte explication, l'image, puis une petite phrase à retenir. Le reste, c'est du dictionnaire illustré, où le lecteur peut aller plus loin s'il le souhaite.

Je tiens aussi à ce que la fiche finisse sur une phrase que l'on peut réutiliser dans la vie réelle, par exemple pour répondre à un conseiller de banque ou expliquer un souci à un petit-enfant, sans avoir l'air hésitant.

  • Lecture lente chronométrée avant validation
  • Une phrase finale réutilisable dans une conversation

La relecture par des lecteurs de terrain

Avant d'entrer dans la série, chaque fiche passe par une relecture. Julien Dubois, qui anime nos ateliers, la lit en pensant aux participants qu'il connaît. Il me signale les mots que quelqu'un risque de ne pas comprendre, même quand ils me semblent évidents.

Il arrive qu'une fiche revienne trois fois. Un adjectif trop savant, une tournure trop longue, une image qui évoque un objet que les plus jeunes ne connaissent plus : tout se corrige. Je préfère reprendre un texte que le laisser partir avec un doute.

Je relis enfin à voix haute, parce que l'oreille repère ce que l'œil laisse passer. Une phrase qui se dit mal se lit mal.

  • Relecture par l'animateur des ateliers
  • Lecture à voix haute avant publication

Ce que ces outils ne prétendent pas faire

Une fiche de deux minutes ne remplace ni un atelier ni le dictionnaire complet. Elle sert à installer un mot dans la mémoire, jour après jour, sans pression. C'est un petit rendez-vous régulier, pas un cours.

Nous n'avons pas non plus de méthode miracle. Certaines fiches marchent mieux que d'autres, et nous le constatons aux questions posées ensuite en atelier. Nous ajustons alors la comparaison, le dessin ou le vocabulaire.

Le travail reste artisanal, et c'est ce qui nous convient : du papier, un crayon, un dessin, quelques relectures et beaucoup de patience.

Derrière chaque fiche, il y a un mot, une image ordinaire, un dessin, un chronomètre et plusieurs relectures. Ces outils sont simples, mais ils tiennent à une conviction : on retient mieux ce que l'on a compris avec ses propres souvenirs. Si une fiche vous a aidé, c'est que la comparaison a trouvé sa place dans votre quotidien, et c'est exactement ce que nous cherchons à chaque fois.

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