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Comment une image du quotidien prend place dans le dictionnaire illustré

Dessiner un mot comme « cloud » ou « pare-feu » demande plusieurs essais. Voici comment une comparaison naît, est relue puis rejoint le dictionnaire illustré en ligne.

Sophie Vandenberghe

5 min de lecture

Comment une image du quotidien prend place dans le dictionnaire illustré

Une nouvelle série d'images, dessinée ces semaines-ci

En cette mi-automne, je termine une série de dessins destinés au dictionnaire illustré en ligne. Je m'appelle Sophie Vandenberghe et je dessine, depuis les débuts de Mots Clairs, les comparaisons qui accompagnent chaque terme. Plus de deux cents mots numériques y sont déjà expliqués par une image du quotidien, et cette série vient compléter certaines fiches dont le dessin ne nous satisfaisait plus.

Pourquoi reprendre des images existantes ? Parce que des lecteurs nous ont écrit que telle comparaison leur parlait moins que prévu. Une image ne vaut que si elle évoque immédiatement quelque chose de familier. Quand ce n'est pas le cas, nous préférons la refaire plutôt que d'ajouter une explication par-dessus.

Ce travail ne change rien à la façon de consulter le dictionnaire : les mots restent classés de A à Z, chacun avec son dessin, sa définition en français courant et son guide de prononciation audio. Ce qui évolue, c'est la justesse de certaines images, que nous améliorons peu à peu.

Du mot à l'objet : choisir la bonne comparaison

Tout commence par une conversation avec Catherine Lemaire, notre rédactrice en chef. Elle m'explique le mot en phrases simples, puis nous cherchons ensemble un objet que presque tout le monde a déjà tenu entre les mains : une boîte aux lettres, une clé de maison, un classeur, un trousseau, un carnet d'adresses.

Le choix est plus délicat qu'il n'y paraît. Une bonne comparaison doit ressembler au mot sur l'essentiel, sans en promettre davantage. Si l'image laisse croire qu'un mot signifie autre chose que ce qu'il signifie, elle risque de tromper le lecteur au moment même où il croit comprendre.

Nous écartons donc les objets trop récents, ceux qui dépendent d'un souvenir propre à une génération ou à une région, et ceux dont l'usage varie d'une famille à l'autre. Il nous arrive de renoncer à une idée séduisante parce qu'elle n'éclairait qu'à moitié le terme concerné.

  • Un objet que le lecteur a déjà manipulé
  • Une ressemblance sur l'essentiel du mot
  • Aucune image qui promette plus que le terme n'offre

Les étapes d'un dessin, du croquis à la fiche

Je commence par un croquis au crayon, très simple, avec peu d'éléments. Un dessin chargé fatigue l'œil et cache l'idée. Je cherche d'abord la forme la plus lisible : un grand objet au centre, un geste évident, un seul détail qui signale le lien avec le numérique.

Le croquis est ensuite relu par Catherine, puis montré à Julien Dubois, qui anime nos ateliers. Il le présente parfois à des participants et me rapporte leurs réactions : ce qu'ils ont reconnu tout de suite, ce qui les a fait hésiter, la question qu'ils ont posée en regardant le dessin.

Une fois le croquis validé, je passe aux couleurs et aux contrastes, en pensant aux lecteurs qui voient moins bien. Le dessin est ensuite intégré à la fiche, à côté de la définition et du bouton d'écoute, dont Marc Delvaux vérifie l'affichage sur différents écrans.

  • Croquis simple, relu par la rédaction
  • Essai auprès de participants aux ateliers
  • Couleurs et contrastes adaptés à la lecture à l'écran

Ce qu'un dessin ne peut pas faire seul

Un dessin ouvre la porte, mais il n'explique pas tout. C'est pourquoi chaque terme est accompagné d'une définition courte, rédigée sans jargon, et d'un guide de prononciation audio pour les mots d'origine anglaise que l'on hésite à dire à voix haute devant un proche ou un employé de banque.

Les trois éléments se complètent. L'image donne l'idée générale, le texte précise ce que le mot désigne, et la voix permet de le prononcer sans crainte de se tromper. Aucun des trois ne remplace les autres, et nous les relisons toujours ensemble avant de publier une fiche.

Quand une comparaison atteint ses limites, la fiche le dit simplement. Une boîte aux lettres explique bien l'adresse électronique, mais elle ne rend pas compte de la vitesse d'un envoi. Mieux vaut le reconnaître que de laisser croire que l'image dit tout.

Quelques mots passés par cette série

Je ne peux pas détailler chaque fiche reprise, mais voici l'esprit du travail. Pour certains termes, l'image d'origine était correcte mais trop abstraite ; je l'ai remplacée par un objet plus concret, vu de plus près, avec moins d'éléments autour pour que l'attention se pose sur l'essentiel.

Pour d'autres, c'est la lisibilité qui a guidé le changement : des traits plus épais, des contrastes plus nets, un texte plus gros dans les petites bulles. Ces réglages semblent minimes, mais ils décident parfois de la facilité avec laquelle une personne reconnaît le dessin sur un petit écran.

Enfin, quelques images ont simplement été redessinées pour mieux s'accorder entre elles. Un dictionnaire se parcourt d'une fiche à l'autre, et un style cohérent donne au lecteur le sentiment de se trouver en terrain connu, sans devoir réapprendre à lire chaque dessin.

Comment nous dire si une image vous parle ou non

Votre avis nous aide réellement. Si une comparaison vous semble obscure, ou si elle vous a même induit en erreur, écrivez-nous par le formulaire de la page de contact en nommant le mot concerné et en précisant ce qui a posé problème. Nous lisons chaque message avec attention.

Nous ne promettons pas de changer chaque dessin sur demande, car une image qui parle à une personne peut en laisser une autre indifférente. Mais nous gardons trace de chaque remarque, et lorsque plusieurs lecteurs butent sur la même fiche, c'est le signal qu'il faut la reprendre.

C'est ainsi que le dictionnaire progresse : par petites corrections, au rythme des retours et des ateliers, avec la volonté constante de rester proche de ce que vous voyez et de ce que vous comprenez.

Un mot du numérique devient plus facile à retenir lorsqu'il s'appuie sur un objet que l'on connaît déjà. Le travail d'illustration consiste à trouver cet objet, à le dessiner clairement, puis à vérifier qu'il aide vraiment. Le dictionnaire illustré en ligne se perfectionne ainsi, fiche après fiche, grâce aux relectures de l'équipe et aux remarques de ses lecteurs.

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